mercredi 28 octobre 2015

ECLOSION URBAINE, le festival qui célèbre le retour des espaces verts en ville

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         Les 23, 24 et 25 octobre avait lieu le premier festival de l'agriculture urbaine en France au Ground Control, situé dans le 18ème arrondissement à Paris. C'est dans cet espace que se développe le projet de « l'herbothèque », résultant de la collaboration d'architectes (Hapax Architectures) et de spécialistes du monde végétal (La Sauge). Ce projet propose une redéfinition des espaces verts en ville. Au sein de ce site de plus de 3000m2, un potager vient s’immiscer entre les rails désaffectées et donner ainsi un renouveau au paysage ferroviaire jusqu'alors déserté. L'urbanité n'est pas synonyme d'absence de « vivant » ; pourtant, les espaces verts y sont restreints, délaissés, au profit d'infrastructures fonctionnelles et de routes bétonnées. Les végétaux -qui par leur présence accroissent notre bien être en général-, sont pourtant une composante à laquelle nous devrions accorder une vraie place au sein de la ville.

Portés par cette nouvelle vision, plusieurs start-up et entrepreneurs innovants étaient présents tout au long du festival. Le nouveau potager par exemple, propose de mettre en place des potagers et des jardins intérieurs. Pour les jardins, les plantes sont choisies en fonction de leur capacité à épurer l'air en détruisant les molécules néfastes, qui s'échappent des meubles, des tapis, des peintures ou des produits ménagers. Les potagers collectifs, eux, répondent aux nouveaux besoins inhérents à notre société moderne : ceux de se reconnecter, d'une part à la nature, et d'autre part entre les individus. Ces potagers ont pour vocation de recréer du lien social dans divers lieux : entreprise, espaces d'accueil ou de soin, habitats collectifs etc. Les nombreux jardins participatifs qui émergent à Paris et dans les grandes villes de province tendent à inverser le comportements relatif à la ville, où, dans un même espace, les gens se croisent sans se voir. La grande serre, elle, est une initiative qui propose de remettre de la verdure au centre du lieu de vie, la demeure : cette start-up encore en développement offre un service qui comprend le choix des plantes selon les caractéristiques du lieu, la livraison à domicile et l'entretien à chaque saison.

La ville, l'habitat, sont des espaces auxquels se réattribue progressivement la notion « d'espace vert ». C'est ce que Luc Schuiten, architecte pionné dans la conception de maisons écologiques, tente de faire comprendre lors de son intervention le dimanche 25 octobre. Sa perception de la ville d'aujourd'hui est loin de son idéal ; il la décrit comme étant un lourd agrégat « d'objets design » ou de spectacle, sans rapport à l'être vivant. Pour converger son idéal de biomimétisme, Luc Schuiten réalise plusieurs projets urbains, comme celui de créer des « jardins verticaux » qui s'adaptent à l'architecture des villes afin de combler les espaces laissés pour compte. L'architecte met également en garde les citadins au sujet de la fragilité des villes aujourd'hui : face à une crise comme celle de 1973 et la montée subite du prix du pétrole, les voitures arrêtent de fonctionner, le transit de marchandises cesse, et la nourriture ne circule plus. L'autonomie en nourriture des villes actuelles est d'une durée d'une semaine. Une situation qui pourrait s'améliorer avec la présence de potagers et
de jardins de ville. Le changement le plus notable concerne néanmoins la qualité de l'air, et face aux nombreux enjeux environnementaux auxquels l'ensemble des pays vont se confronter lors de la COP21 du 30 novembre au 11 décembre 2015, la mise en place d'une ville « durable » où les espaces verts sont privilégiés, est un thème qui requiert une attention particulière.

Ces pansements végétaux pourraient à terme reconfigurer le paysage urbain, mais également garantir une plus grande autonomie des villes, et nous faire revivre, petit à petit, au rythme des saisons.



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